4 février 20267 minExpert immobilier

Immobilier 2026 : malgré une reprise des transactions (+12%), SeLoger supprime 275 postes (30% des effectifs)

Le marché immobilier montre enfin des signes encourageants : les transactions dans l'ancien ont rebondi de 12% en 2025, portées par un afflux massif de biens (+22%). Pourtant, chez SeLoger-Meilleurs Agents, leader des annonces immobilières en ligne, c'est la douche froide : 275 suppressions de postes annoncées, soit près de 30% des effectifs en France. Un paradoxe qui s'explique par une réorganisation profonde après le rachat du groupe et la fin d'une grande phase de développement tech. Décryptage des raisons et des implications pour le secteur.

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Immobilier 2026 : malgré une reprise des transactions (+12%), SeLoger supprime 275 postes (30% des effectifs)

Le logo SeLoger : une plateforme phare qui réduit drastiquement la voilure

Alors que tout le monde espérait que la reprise des transactions immobilières en 2025 redonne de l'air aux acteurs du secteur, SeLoger-Meilleurs Agents (ex-Aviv France) annonce un plan social d'envergure. Sur 964 salariés, 275 postes vont disparaître dans les prochains mois, principalement en France et touchant surtout des profils d'ingénieurs et développeurs (environ 80% des suppressions). La direction privilégie un plan de départs volontaires (ouvert en février et mars) pour limiter au maximum les licenciements secs.

1. Une restructuration après le changement d'actionnariat et la fin d'un cycle tech

Le groupe a été racheté en 2024 par le fonds américain KKR et le fonds canadien CPPIB, à Axel Springer. Depuis, une phase intense de transformation numérique s'est achevée. Selon Baptiste Capron, directeur général, "le projet est arrivé à son terme et les besoins ne sont plus les mêmes". L'objectif désormais : passer à une organisation beaucoup plus locale, au plus près des particuliers et des professionnels de l'immobilier. Les équipes tech restantes seront exclusivement rattachées à la France, ce qui justifie une réduction significative des effectifs.

Baptiste Capron, DG de SeLoger-Meilleurs Agents, justifie la réorganisation par un virage vers le local

2. Malgré une reprise encourageante du marché en 2025

Le paradoxe est saisissant : le stock d'annonces sur SeLoger a augmenté de 8%, les transactions ont grimpé de 12% et surtout, les nouveaux biens mis en vente ont bondi de 22% (pas d'accumulation d'invendus). La plateforme revendique toujours 1,2 million d'annonces et 10 millions d'utilisateurs actifs mensuels sur site et appli. Mais cette dynamique positive n'a pas suffi à compenser les ajustements stratégiques post-rachat et les difficultés persistantes du marché résidentiel entre 2022 et 2024 (qui avaient déjà conduit à 90 suppressions de postes en 2024).

3. Concurrence accrue et besoin d'agilité

Le marché des annonces immobilières en ligne devient de plus en plus disputé. Le Bon Coin a lancé une offensive massive en 2025 sur Paris et l'Île-de-France avec de lourds investissements publicitaires, là où il était moins présent. Bien'Ici (plateforme des pros, détenue par le groupe Arche – Century 21, Guy Hoquet, Laforêt, etc.) consolide sa troisième place. Dans ce contexte ultra-compétitif, SeLoger doit se réinventer pour rester leader : plus local, plus proche des clients, moins "centralisé tech".

Concurrence féroce sur le marché des annonces : Le Bon Coin et Bien'Ici challengent SeLoger

Les points clés à retenir

  • 275 postes supprimés chez SeLoger-Meilleurs Agents, soit près de 30% des effectifs en France (sur 964 salariés).
  • Plan de départs volontaires en février-mars 2026, priorité aux ingénieurs/développeurs (80% des coupes).
  • Raisons : fin d'une grande phase de développement numérique après rachat par KKR et CPPIB en 2024, virage vers une organisation "plus locale".
  • Marché en reprise : +12% de transactions, +22% de nouveaux biens, +8% de stock d'annonces en 2025.
  • Contexte : concurrence renforcée (Le Bon Coin, Bien'Ici) et difficultés antérieures du secteur (déjà 90 postes supprimés en 2024).

Conclusion

En 2026, même avec une reprise tangible des transactions immobilières, les plateformes en ligne comme SeLoger ne sont pas à l'abri d'ajustements douloureux. Ce plan social reflète la maturité du secteur : après les investissements massifs dans le numérique, place à l'optimisation, à la proximité client et à l'agilité face à une concurrence qui s'intensifie. Pour les salariés concernés, c'est évidemment une mauvaise nouvelle, mais pour le marché global, cela pourrait signifier une plateforme plus affûtée à moyen terme. À surveiller de près, notamment l'impact sur les services aux agences et aux particuliers...

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